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Comprendre l'industrie

6 minutes

7 avril 2026

Comment les énergies renouvelables financent les projets des communes et collectivités ?

En 2024, les énergies renouvelables ont généré 2,172 milliards d'euros de retombées fiscales pour les collectivités françaises. Derrière ce chiffre : des écoles rénovées, des routes entretenues, des équipements modernisés, financés par un parc éolien ou une centrale solaire installés sur le territoire.

Un projet d'énergie renouvelable bien accompagné peut rapporter à une commune des revenus fiscaux stables sur 20 à 30 ans, soutenir l'emploi local et renforcer l'indépendance énergétique du territoire. À condition de savoir comment s'y prendre.

Ce guide pratique explique comment ces projets génèrent des recettes fiscales, créent des emplois locaux, impliquent les citoyens et prolongent leurs bénéfices, tout en sécurisant leur acceptation par la population.

Les recettes fiscales comme première source de financement

Les collectivités bénéficient directement de recettes fiscales qui sont la principale source de revenus, dont une part significative est reversée aux communes. Parmi les principales contributions figurent :

  • l’IFER (Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux), appliquée aux installations de production d’électricité
  • la CFE ( Cotisation Foncière des Entreprises), versée sur les installations et les terrains concernés ;

Selon une étude du Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Colombus Consulting consacrée aux retombées fiscales des énergies renouvelables en France métropolitaine, les EnR ont généré 2,172 milliards d’euros de recettes fiscales locales en 2024. Ces recettes sont réparties entre :

  • 1,27 milliard d’euros issus de la fiscalité directe (IFER, taxes foncières, CFE, redevances spécifiques…).
  • 443 millions d’euros provenant de la fiscalité des entreprises de la chaîne de valeur (emplois, bases foncières, contribution économique locale).
  • 462 millions d’euros de fiscalité indirecte, essentiellement liée à la génération d’une part de TVA ensuite reversée aux collectivités, générée par l’installation et la maintenance des équipements.

Exemple : Un parc de 4 éoliennes d’une puissance de 2,5 MW chacune génère en moyenne 104 000 € par an1, dont 77 000 € pour le bloc communal2. Un parc solaire au sol de 2 MW, soit une surface au sol de 3 à 4 hectares génère en moyenne 9 000 € par an3, dont 7 000 € pour le bloc communal.

1 Sur la base de taux moyens, assiettes et coûts d’investissement 2024, après abattement VLC des 24 premiers mois
2 Le bloc communal se définit comme la réunion des communes et des EPCI (Communautés de communes, Communautés d'agglomération, Communautés urbaines, Métropoles)
3 Sur la base de taux de TFPB de 32 % et 30 % de CFE, et des coûts d’investissement 2024, après abattement VLC des 24 premiers mois

Des retombées économiques directes pour le territoire et les riverains

L’installation d’un parc éolien ou d’une centrale solaire mobilise de nombreux acteurs territoriaux et génère des emplois locaux, durables et non délocalisables. Ces emplois concernent notamment la construction, l’exploitation et la maintenance du parc. 

En privilégiant le recours à des entreprises locales, ces projets contribuent à dynamiser l’économie du territoire en favorisant la création d’emplois directs et indirects.

À titre d’illustration, la filière solaire représente aujourd’hui plus de 60 000 emplois en France, notamment dans l’installation des centrales et leur maintenance.

Certains dispositifs permettent également de redistribuer une partie de la valeur créée par le parc d’énergie renouvelable directement aux habitants via le versement d’une aide financière pour alléger leurs factures d’électricité.

Grâce au financement participatif par exemple, les projets d'énergie renouvelable peuvent aussi devenir un levier d’implication citoyenne et de partage de la valeur.

  • Comment ça marche : Un porteur de projet d’énergie renouvelable peut choisir d’ouvrir une partie du financement du parc. Selon la part proposée, les citoyens peuvent non seulement investir, mais aussi, dans certains cas, participer aux décisions liées au projet.
  • Quels avantages pour les citoyens : Ce type de participation permet aux habitants de s’impliquer concrètement dans le projet, de percevoir des retombées économiques directes et de renforcer leur proximité avec les prises de décisions relative au projet.

Prolonger les retombées grâce au repowering

Lorsque le parc éolien situé sur votre commune arrive en fin de vie, il existe deux options :

  • Le démantèlement, avec cessation d’activité, et la remise en état du site
  • Le repowering (renouvellement du parc)

Le repowering, priorité de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), consiste à démanteler et recycler les anciennes éoliennes puis à les remplacer par de plus modernes et plus performantes. Cette opération permet de :

  • Produire davantage d’électricité à un coût compétitif grâce à des éoliennes plus puissantes,
  • Réduire l’impact environnemental global du parc, car sa modernisation diminue la surface artificialisée nécessaire pour produire la même quantité ou plus d’électricité,
  • Moderniser le parc tout en préservant son insertion dans le paysage local.

Le démantèlement s’applique aux éoliennes et à leur fondation, en totalité, ainsi qu’au(x) postes de livraison et les câbles dans un rayon de 10 mètres. Selon un Vrai/Faux sur l’éolien terrestre publié par le ministère de la Transition écologique, plus de 93 % du poids d’une éolienne terrestre est recyclable.

Pour les collectivités, ce renouvellement ouvre une nouvelle phase de retombées économiques, qui s’étend sur le nouveau cycle de vie du parc, soit 20 à 30 ans. À Louville-la-Chenard, en Eure-et-Loir, le repowering éolien mené par Boralex illustre concrètement cette possibilité. 

Sécuriser les projets pour garantir leurs retombées financières

Un projet EnR s’inscrit avant tout dans une vision de long terme pour la commune. Sa réussite dépend de l’implication des habitants, qui doivent être informés et associés dès les premières phases de développement.

Si ces projets apportent des bénéfices économiques et sociaux significatifs, certains peuvent susciter des interrogations ou des réticences de la part des riverain notament sur : 

  • l’impact sur le paysage
  • les enjeux liés à la biodiversité,
  • les inquiétudes concernant la valeur immobilière des habitations situées à proximité du parc.

La loi APER du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables renforce la place des communes dans la planification des projets d’énergies renouvelables. Elle impose notamment aux élus de consulter les riverains avant de définir les Zones d’Accélération des EnR (ZAER). Au-delà de cette obligation, associer les habitants aux décisions permet de favoriser l’acceptation des projets et de construire une dynamique collective. 

Dans ce contexte, le maire joue un rôle essentiel pour instaurer un dialogue de qualité et mettre en place une concertation locale adaptée. La réussite de la concertation locale passe par trois aspects :

  1. Assurer une information claire, accessible et transparente ; 
  2. Inscrire le projet dans une vision globale et porteuse pour la commune (développement économique, cohésion sociale, transition écologique) ; 
  3. Valoriser les énergies renouvelables comme un levier d’attractivité et une opportunité pour le territoire

Un levier stratégique pour le développement du territoire

Renforcer l’indépendance énergétique des territoires

Les perturbations de l’approvisionnement en gaz liées à la guerre en Ukraine ou les tensions géopolitiques récentes au Moyen-Orient, rappellent la forte sensibilité des marchés de l’énergie.

Ces évènements rappellent l’importance de diversifier les sources de production afin de renforcer l’indépendance énergétique de la France. Selon le rapport 2025 Chiffres clés de l’énergie publié par le SDES4, la facture énergétique atteint près de 60 milliards d’euros par an et reste largement dépendante des énergies fossiles.

Dans ce contexte, l’éolien, le solaire et le stockage d’énergie contribuent à produire une électricité locale et renouvelable.

Leur développement s’inscrit dans la stratégie énergétique nationale à travers la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3). Cette feuille de route définit comment produire davantage d’énergie française, décarbonée et compétitive, pour protéger le pays et préparer l’avenir.

La PPE 3 prévoit une déclinaison régionale de ces objectifs avec les Schémas Régionaux d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET).

À l’échelle locale, les collectivités jouent un rôle central dans cette dynamique, grâce aux Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET) venant structurer les stratégies de transition énergétique des communes.

Un projet structurant pour un mandat municipal

Les installations d’énergies renouvelables sont des projets concrets dont les effets se font sentir durablement sur le territoire. Exploitées généralement pendant 20 à 30 ans, elles apportent à la commune des retombées économiques et sociales qui s’inscrivent dans la durée.

Pour les élus, ces projets représentent un marqueur fort de l’engagement de la commune, en combinant transition énergétique, développement territorial et retombées économiques.

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